Eléments remarquables de la Cathédrale Saint-Alain

Eléments architecturaux

Le portail primitif du XIIIe siècle

Le portail primitif, du XIIIe siècle (P. Poitou)

Le portail primitif, du XIIIe siècle (P. Poitou)

L’entrée primitive de l’église de Lavaur est située dans la première chapelle sud. D’esprit encore roman, avec ses arcs en plein cintre, le portail tranche avec l’architecture de l’édifice.

A la retombée des quatre voussures en boudin, un ensemble remarquable de huit chapiteaux décrit les épisodes de la vie du Christ : Annonciation, Nativité, Fuite en Égypte, Adoration des mages, Annonce aux bergers, Présentation au temple, Massacre des Innocents, Visitation.

Le chevet et le talon de la cathédrale

Le chevet et le "talon" de la cathédrale (L. Blatgé)

Le chevet et le « talon » de la cathédrale (L. Blatgé)

Le premier évêque de Lavaur, Roger d’Armagnac (1317-1338) fait construire un chevet, avec une abside semi-circulaire, de larges baies, et de grandes verrières où se développe un programme iconographique autour de la vie du Christ (certains vitraux d’origine ont été remployés dans les verrières du XIXe siècle). L’alternance de brique et pierre offre un jeu subtil de polychromie.

Les deux tourelles et au pied la « Manœuvre » rappellent le rôle défensif, qui incombait au Chapitre. La stabilisation de cet ensemble perché au-dessus de l’Agout, impose au début du XVIe siècle la réalisation d’un puissant « talon » maçonné.

Le clocher-tour

Le clocher-tour et la tour du Jacquemart

Le clocher-tour et la tour du Jacquemart

A la fin du XVe siècle, l’évêque Jean Vigier (1469-1497), de concert avec le chapitre, entreprend de grands travaux à la cathédrale Saint-Alain : une travée supplémentaire et un impressionnant clocher-tour de base quadrangulaire, avec plusieurs niveaux marqués de terrasses. La partie haute, de forme octogonale, est flanquée de quatre élégants clochetons. L’ensemble était couronné par une haute flèche, qui s’effondre en 1540 donnant l’aspect tronqué que l’on voit encore aujourd’hui.

Au bas du clocher, qui comporte au nord une chapelle, un monumental portail de pierre ouvre sur la vaste nef. Caractéristique du gothique finissant, ce large portail divisé par un trumeau, comporte sur son linteau un remarquable groupe en pierre de l’Adoration des mages autour d’une Vierge à l’enfant.

Eléments mobiliers

La table d'autel

La table d’autel, chef-d’oeuvre de la sculpture romane autour de 1100 (P. Poitou)

La table d’autel romane

Chef d’œuvre de l’art roman du Sud-Ouest, cette table d’autel en marbre blanc (1,93m de long et 0,82m de large) est contemporaine de celle de Bernard Gilduin à la basilique Saint-Sernin de Toulouse (1096). Légèrement creusée sur le dessus, son magnifique décor recouvre trois chanfreins.

Sur la grande face, un cortège d’anges encadre le Christ bénissant dans une mandorle. Sur l’un des petits côtés, deux anges présentent, comme une offrande, la table d’autel. L’influence du sculpteur de Saint-Sernin et plus encore celle des ateliers moissagais est ici très sensible.

Le grand orgue et son buffet renaissance

Orgue Cavaillé-Coll et son buffet renaissance

Orgue Cavaillé-Coll et son buffet renaissance (P.Poitou)

En 1523, l’évêque Simon de Beausoleil (1514-1525) décide la construction d’un grand orgue pour la cathédrale Saint-Alain, et d’un extraordinaire buffet en bois polychrome, éclairé par deux nouvelles baies gothiques.

Cet ensemble exceptionnel est un témoignage unique de la Renaissance dans le Midi. Il s’étage en plusieurs registres architecturés, avec une frise de médaillons d’où surgissent des bustes de personnages à l’antique. Il ne reste rien de l’orgue primitif, remplacé en 1876 par un magnifique instrument signé du grand facteur Aristide Cavaillé-Coll.

Cliquez ici pour accéder à la page dédiée au grand orgue.

Le Jacquemart

Le Jacquemart de Lavaur est le seul en place dans le Sud-Ouest de la France.

Le Jacquemart de Lavaur est le seul en place dans le Sud-Ouest de la France.

Le premier automate date de 1604. Cette sculpture anthropomorphe en chêne, pourvue d’une hache métallique, est animée par un mécanisme simple qui permet de frapper les heures contre la cloche. Les deux premiers Jacquemart sont conservés dans le musée municipal. Le troisième est mis en place en 1922, réalisé sur le modèle de la sculpture primitive. Le Jacquemart de Lavaur est unique dans le Sud-Ouest de la France.

La légende évoque le souvenir d’un prisonnier calviniste, enfermé dans le clocher de la cathédrale, et contraint de sonner les heures. L’intelligence et la ruse lui auraient permis d’échapper à ses geôliers, en confiant cette tâche humiliante à un automate…

La série peinte de la Passion du Christ

L’abside de la cathédrale Saint-Alain possède une suite de peintures remarquables dont le thème est la Passion du Christ. Ces toiles, montées dans leurs magnifiques cadres dorés et sculptés, sont l’œuvre du peintre Pierre Subleyras (Saint-Gilles-du-Gard 1699 – Rome 1749), formé à Toulouse auprès d’Antoine Rivalz. Œuvres de jeunesse probablement réalisées autour de 1720, fruit d’une commande de la confrérie des Pénitents bleus de Lavaur : le Christ au jardin des Oliviers, le baiser de Judas, la Flagellation, le Christ aux outrages, le Portement de la croix et la mise en croix.

Cette série est réinstallée à la cathédrale dans la première moitié du XIXe siècle. La grande Crucifixion du chœur est un tableau antérieur, où apparaissent les armes des barons d’Ambres – grands protecteurs de Pénitents bleus de Lavaur – devait certainement clore ce cycle de la Passion, dans la chapelle Saint-Jérôme de la confrérie vauréenne.

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Photos : P. Poitou

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Un extraordinaire décor peint

Décor peint Saint Pierre